Pierre MOLINIER (1900-1976)

Lot 71
40 000 - 50 000 €
Résultat: 45 000 €

Pierre MOLINIER (1900-1976)


Comtesse Midralgar - Huile, 1950
Technique mixte sur papier marouflé sur toile de jute montée sur châssis.
80 x 66 cm
Oil and mixed media on backed paper on hessian mounted on chassis.
31,5 x 26 in.
Visage entouré de signes cabalistiques (flèches, cercles et pointes, motifs répétés en forme de lampe et de miroir) et jambes-boyaux empruntées à Succube, autre tableau important de la même année.
Porte le chiffre de Molinier à l'huile en bas à gauche, première ébauche du cachet de compagnonnage qu'il dessine la même année.
Le même chiffre apparaît dans un blason en haut à droite du tableau.
- Au dos de la toile, une étiquette manuscrite «Molinier Atelier du Grenier Saint Pierre Bordeaux Contesse (sic) MIDRALGAR».
- Étiquette du Centre Pompidou «Comtesse Midralgar», exposition du 23 avril 1991 au 26 août 1991.
- Étiquette de L'IVAM, Valencia, 1999. Prêteur: Aube Elléouët.Note:
Molinier offre Comtesse Midralgar et Les Dames voilées à André Breton pour le remercier du projet d'exposition à l'Étoile Scellée en janvier-février 1956.
Le peintre a joint une note certifiant que les tableaux sont «d'authentique magie... uniques dans leur originalité».
Dans l'esprit de l'artiste en effet Comtesse Midralgar est une oeuvre ésotérique «chargée» au sens magique du terme et susceptible de protéger le poète et sa femme en éloignant d'eux toute influence hostile.
Molinier avait le sentiment d'avoir réussi une Joconde aussi mystérieuse que coquine.
À la différence de Mona Lisa, Comtesse Midralgar montre ses jambes et exhibe sa poitrine.
Le 8 juin, les remerciements enthousiastes de Breton vont changer l'existence du Chaman qui vivait en paria à Bordeaux dans l'incompréhension et l'hostilité générales: «J'ai fait grand place dans ma vie à ces belles dames dévorantes que je rêvais de voir de près. [...] Je me suis laissé envahir de leur présence, les observant dans tous les éclairages possibles tour à tour et je ne suis pas parvenu à réduire leur mystère. [...] On aimerait leur faire les honneurs d'un lieu secret, vraiment à leur mesure. Qui est cette comtesse Midralgar, sans doute encore la plus troublante! Est-ce de vous seul qu'elle tient son nom? Qu'il s'agisse là d'oeuvres magiques au premier chef, d'emblée on s'en assure. Toutes les puissances de l'invocation répondent à ce jeu si périlleux et savant chez vous du dardé et du dérobé sur champ d'opale noir. On touche à ce haut moment du Moine de Lewis que traduit, dans l'originale, une petite vignette avec la légende: “Restez, enchanteresse, restez pour ma destruction”.» Breton l'accroche aussitôt à la place d'honneur dans la première pièce de l'atelier, rue Fontaine, sous les poupées Kachina des Indiens Hopi.
Avec Fleur du Paradis, le tableau le plus important des années 1950.

Provenance: Collection André Breton, collection privée

Bibliographie: Sans doute le tableau le plus souvent reproduit. Il figure dans toutes les monographies. J-L Mercié a publié les états préparatoires dans la monographie aux presses du réel, pp. 230-231.
- «Huit cartes d'analogie», In: le surréalisme, même, n° 5, printemps 1959, p. 24
- Robert Benayoun, Érotique du surréalisme, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1965, p. 188. - Molinier, Jean-Jacques Pauvert Éditeur, 1969, p. 41 et p. 51.
- André Breton, Le surréalisme et la peinture, Nouvelle édition revue et corrigée, 1928-1965, Paris, Gallimard, 1965, p. 247, pp. 245-248.
- Revue Mizue, n° 10, Tokyo, 1971, p. 58. - Pierre Molinier, Bernard Letu, Genève, 1979, p. 24.
- José Pierre, L'univers surréaliste, Paris, Somogy, 1983, p. 275. - Paris, Musée national d'art moderne
- Centre Georges Pompidou, André Breton, la beauté convulsive, 1991, p. 457.
- Pierre Petit, Molinier, une vie d'enfer, Paris, Éditions Ramsay
- Pauvert, 1992, livret central.C'est aussi le tableau le plus souvent exposé. Citons pour mémoire:- Paris, L'Étoile scellée, Molinier (préface d'André Breton), 1955, s. p. n°5.
- Paris, Musée national d'art moderne/Centre Georges Pompidou, André Breton, la beauté convulsive, 1991, p. 457, p. 415 et p. 491.
- Valence, Institut Valencia d'Art Modern/Centre Julio Gonzales, Juan Vicente Aliaga et Giulia Colaizzi, Pierre Molinier, cat. expo., 15 avril - 21 juin 1999, p. 99 et p. 172
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