Anne-Louis GIRODET DE ROUSSY-TRIOSON (1767-1824)

Lot 66
150 000 - 200 000 €
Résultat: 300 000 €

Anne-Louis GIRODET DE ROUSSY-TRIOSON (1767-1824)


Capanée, Tête dite du blasphémateur
Huile sur sa toile d'origine, non rentoilée.
55 x 46 cm
• Provenance:
- Vente après décès de Monsieur GIRODET-TRIOSON - Paris 1825. Catalogue rédigé par Pérignon (n°8 p.9).
- Collection particulière, Paris.
• Bibliographie:
- PERIGNON - Catalogue des tableaux, esquisses, dessins et croquis de M. Girodet-Trioson, Paris, 1825. Décrit sous le numéro 8, p.9.
- Sylvain BELLENGER - Girodet (1767-1824), édition Gallimard, 2005. Commenté dans son contexte et reproduit p.426.
• Expositions:
- GIRODET 1767-1824, Musée du Louvre - Paris. 19 septembre 2005 - 2 Janvier 2006.
- ROMANTIC REBEL, Chicago Art Institute - Chicago. 11 février 2006 - 30 avril 2006 (étiquette au dos).
- GIRODET ROMANTIC REBEL, Metropolitan Museum of New York - New York. 22 Mai 2006 - 27 août 2006 (étiquette au dos).
- LE REBELLE ROMANTIQUE, Musée des Beaux Arts de Montréal - Montréal. 12 octobre 2006 - 21 Janvier 2007 (étiquette au dos).
• Note:
- Un certificat d'authenticité délivré par George Levitine en date du 26 Juin 1985 sera remis à l'acquéreur.
- Deux lettres de Sylvain Bellenger en date des 4 février et 22 avril 2002 seront remises à l'acquéreur.
- Une lettre de Henri Loyrette (Président Directeur du Musée du Louvre), Sophie Aurand (Administratrice Générale de la Réunion des
Musées Nationaux), Katherine Lee Reid (Director, The Cleveland Museum of Art) et Philippe de Mortebello (Director, The Metropolitan Museum of Art), en date du 20 novembre 2003, sollicitant le prêt de notre oeuvre pour l'Exposition internationale consacrée à
Anne-Louis Girodet-Trioson sera remise à l'acquéreur.

Le catalogue de la vente Girodet
En 1825 à Paris se tient la vente de l’atelier d’Anne-Louis Girodet-Trioson.
Le commissaire-priseur confie à Alexis Nicolas Pérignon (1785-1864), Commissaire Expert des Musées Royaux la charge d’établir l’état descriptif des oeuvres faisant parti de la vente. Nous retrouvons notre oeuvre décrite sous le numéro 8 page 9 de ce catalogue: «Une autre tête, frappante d’expression, représentant le blasphémateur. Elle est aussi d’un fini parfait, à l’exception du casque, qui n’est qu’indiqué».
Notre oeuvre a été adjugée 1 000 francs, résultat situé dans la fourchette haute des prix obtenus. A titre de comparaison, l’étude d’une tête de Mamlouk vendue à un prix record le 17 décembre 2011, avait été adjugée 480 francs à la vente Girodet.
La note manuscrite sous le n°8 page 9 contenue dans l’exemplaire du catalogue de vente conservé à la Bibliothèque Centrale des Musées Nationaux permet également d’identifier sans équivoque cette oeuvre: «La tête est couverte d’un casque - la tête est terrible d’expression - il grince des dents en relevant la lèvre, la figure me paraît trop rouge (la colère enflamme son visage) les parties nues du col et de la poitrine me semblent violâtres. La charpente osseuse trop fortement articulée - vue de profil».

Alexis Nicolas Pérignon (1785-864)
Né à Paris le 8 Janvier 1785, fils de Humbert Joseph, musicien, et de Marie Eve Naquet son épouse. Décédé à Saint Denis le 10 Septembre 1864.
Peintre de portraits et d’histoire, il a travaillé avec Girodet.
Expert auprès du Musée du Louvre.
Présente ses oeuvres au Salon de 1814 à 1850.
Rédacteur du catalogue et principal acheteur à la vente d’Anne-Louis Girodet-Trioson, il s’est porté acquéreur d’au moins 173 lots. Il s’est manifestement comporté en marchand, ou comme mandataire des véritables acquéreurs. Il a cependant conservé jusqu’à la fin de sa vie certaines de ses acquisitions qui ne seront vendues qu’après son décès (vente du 17 au 26 mai 1865).

George Levitine (1916-1989)
Professeur d’histoire de l’art à l’Université de Harvard et de Boston, spécialisé pour la période du Romantisme français au XVIIIème siècle. Puis directeur du département d’Histoire de l’art et professeur émérite à l’Université du Maryland. Considéré comme le grand spécialiste de Anne-Louis Girodet-Trioson.
Un certificat d’authenticité délivré par George Levitine en date du 26 Juin 1985 sera remis à l’acquéreur.
• Commentaire extrait du certificat:
«Une des études que cet artiste avait peintes en vue du tableau (projeté mais jamais exécuté) du «Serment des Sept Chefs devant Thèbes» (voir Pérignon, Catalogue des tableaux, esquisses, dessins et croquis de M. Girodet-Trioson …, Paris, 1825, p.9, n°8). Le tableau (…) semble d’ailleurs se rapporter au personnage central de la lithographie des « Sept Chefs » que Aubry-Lecomte avait exécuté d’après une esquisse de Girodet.»

Sylvain Bellenger (né en 1955)
Conservateur en chef du patrimoine.
Conservateur des Musées de Montargis (1987-1991). Directeur du château de Blois (1992-1999). Conservateur du département des peintures du Museum of Art de Cleveland (1999-2005). Commissaire Général de la rétrospective Girodet ouverte au Musée du Louvre à Paris en septembre 2005.
Conservateur à l’Art Institute de Chicago en 2012 puis conservateur au Musée de Capodimonte à Naples depuis 2015.
Deux lettres de Sylvain Bellenger en date des 4 février et 22 avril 2002 seront remises à l’acquéreur.
• Commentaire extrait d’une lettre: «En effet le blasphémateur, tableau tout à fait atypique dans l’oeuvre de Girodet, m’avait frappé et je le considère comme essentiel pour bien comprendre la diversité du mouvement néo-classique (…) et je me réjouis de sa présence dans l’exposition Girodet qui aurait été incomplète sans lui.»
L’oeuvre, l’artiste et l’exposition internationnale consacrée à Anne-Louis Girodet-Trioson
L’oeuvre présentée est une étude préparatoire pour le dernier projet de peinture d’histoire de l’artiste. Il s’agit d’une grande composition «projetée mais non réalisée» comme l’indique George Levitine, d’après l’acte III de la tragédie d’Eschyle: Les sept Chefs devant Thèbes.
Pour cela il réalisa:
- Un grand dessin préparatoire conservé au Cleveland Museum of Art (Reproduit page 21).
Victor Bertin (1767-1842), peintre néoclassique, considéra ce dessin comme «le plus beau de ses dessins».
- Une esquisse à la mine de plomb conservée à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris ( Reproduit page 21 ).
- Une petite huile sur toile conservée au Musée des Beaux-Arts de Bayonne ( Reproduit page 21 ).
- Et seulement deux études connues de têtes d’expression:
«Thydée», huile sur toile conservée au musée André Malraux du Havre (Reproduit page 21).
« Capanée le blasphémateur », notre oeuvre.
Pour Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson, les études peuvent être considérées comme un genre à part entière, qu’il traite avec la puissance et la décontraction d’un Grand Maître.
Une exposition internationnale a été consacrée à Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson. Celle-ci fut itinérante entre 2005 et 2007, au Musée du Louvre à Paris, à l’Art Institute de Chicago, au Metropolitan Museum de New-York et au Musée des Beaux Arts de Montréal. Les commissariats de cette exposition furent assurés par Sylvain Bellanger alors Curator of Paintings au Cleveland Museum of Art, Sylvain Laveissière, Conservateur en chef au département des peintures du Louvre, Gary Tinterow, Engelhard Curator of European Paintings au Metropolitan Museum de New-York.
Notre oeuvre à fait partie de cette exposition.
Une lettre signée par Henri Loyrette (Président Directeur du Musée du Louvre), Sophie Aurand (Administratrice Générale de la Réunion des Musées Nationaux), Katherine Lee Reid (Director, The Cleveland Museum of Art) et Philippe de Mortebello (Director, The Metropolitan Museum of Art), en date du 20 novembre 2003, sollicitant le prêt de notre oeuvre pour l’Exposition internationale sera remise à l’acquéreur.
• Commentaire extrait de cette lettre:
«L’exposition rassemblera environ 110 oeuvres, regroupant les chefs-d’oeuvre peints de Girodet et consacrant une large section à ses dessins. L’occasion se présente, exceptionnelle, de réunir dans cette exposition monographique des oeuvres tantôt presque inconues, mais toutes mystérieuses et étrangement poétiques. Car Girodet, le meilleur des élèves de David avec Ingres, fut aussi le plus rebelle, le plus dissident et le plus singulier.
Le Sommeil d’Endymion, (1973), Les funérailles d’Atala, (1808) Le Paradis d’Ossian, (1801) Une Scène de Déluge, (1806) Le Portrait de Chateaubriand, (1809) sont des oeuvres qui dominent ce moment d’excellence qui va de la Révolution française à l’époque romantique. Sous les apparences d’un art savant et raffiné, Girodet a bouleversé, avec chacun de ses tableaux, la limite des arts visuels comme aucun artiste français ne l’avait fait avant les Symbolistes et, plus tard, les Surréalistes. Comme eux, il étendra les limites de la peinture aux possibilités de la poésie, ouvrant ses compositions à des profondeurs inexplorées. Ses recherches et son originalité lui font aussi repousser, loin vers le nord, les frontières du classicisme davidien. Il rejoint, à son insu, l’art des peintres nordiques tels Asmus Jakob Carsten, Phillipp William Blaka, et bien sûr John Flaxman qui l’a beaucoup influencé.
Le grand paradoxe de Girodet, qui était le plus doué des dessinateurs de son temps, et un lettré sophistiqué, est d’avoir utilisé le dessin, qui parle le langage de la raison et de la clarté, pour explorer le monde irrationnel des songes, des revenants et du surnaturel.
Depuis une vingtaine d’années, cet artiste fait l’objet de nombreuses publications savantes, maîtrises, thèses universitaires en France, mais aussi en Angleterre, en Allemagne et surtout aux Etats-Unis. L’étrangeté des peintures de Girodet, les questions politiques, érotiques, artistiques que posent son oeuvre, rencontrent l’esprit de notre siècle avec plus de profondeur qu’on ne l’attendrait chez un élève de David.
Il est temps de regrouper cette oeuvre, et de confronter à nouveau Girodet au public près de 40 ans après l’exposition organisée en 1967 par le Musée de Montargis, sa ville natale. Les recherches menées à l’occasion de ce projet international ont bénéficié de nombreux fonds d’archives et de correspondances privées, inédits, qui mettent en question bien des idées reçues, non seulement sur l’artiste, mais aussi sur son époque, une des plus intenses dans l’histoire de la société occidentale (...) Ce prêt est particulièrement important pour la réussite de notre exposition.»

Le thème de l’oeuvre
Capanée  fils d’Hipponoos, est un des chefs argiens de la guerre des sept chefs, qui vinrent mettre le siège devant Thèbes. Il fut foudroyé devant Thèbes par Zeus, irrité de son mépris pour les dieux. Eschyle, a évoqué cet orgueil dans sa tragédie les Sept contre
Thèbes, représentée en 467 av. J.C
Le drame est animé tout entier d’un souffle de guerre ; il contient des descriptions énergiques, comme les portraits des chefs argiens et des chefs thébains, avec d’admirables morceaux lyriques pleins d’une religieuse émotion.
Sans doute très présente dans la tradition archaïque, cette guerre contre Thèbes est mentionnée notamment dans l’Illiade et les travaux et les jours.
La Thébaïde chantait l’expédition des argiens en Béotie qui aurait eu lieu un an avant la guerre de Troie en -1210.
Dans la mythologue grecque la guerre des Sept Chefs est une expédition militaire montée contre Thèbes. Elle intervient dans le contexte de la succession d’Oedipe et de l’exil de Polynice, fils d’OEdipe, par son frère Etéocle qui s’est emparé du trône de la cité.
Sous l’autorité d’Adraste, roi d’Argos, on tire au sort, près des remparts pour attribuer à chacun des sept (Thydée, Capanée, Etéocle, Hyppomédon, Parthénopée, Amphiaros, Polynice) avant l’assaut, leur place devant chacune des sept portes de la ville.
Durant le siège, Polynice et Etéocle s’entretuèrent, concrétisant ainsi la malédiction lancée par leur père. La bataille se termina par la défaite et la mort de tous les chefs argiens, à l’exception d’Adraste qui se réfugia avec les restes de son armée à Athènes. Dix ans plus tard, Adraste entreprit une nouvelle expédition, cette fois victorieuse, celle des Epigones, avec les fils des sept chefs de l’expédition précédente. Thersandre, fils de Polynice devint Roi.
En commémoration, un ordonnancement des Sept Chefs et des Epigones fut érigé sur l’agora d’Argos, dupliqué dans le trésor des argiens au sanctuaire d’Apollon à Delphes. Les deux fameux bronzes de Riace repêchés au large de Reggio di Calabre en 1972 proviendraient du sanctuaire d’Argos; il s’agirait de deux des chefs; bronze A: Thydée réalisé par Hagéladas, bronze B: Amphiaraos réalisé par Alcaméne. Enfin différentes pièces : cratères, haut-reliefs, terres cuites, sarcophages et copies romaines complètent les traces de l’événement.

Anne-Louis GIRODET DE ROUSSY-TRIOSON (1767-1824)
Le serment des Sept Chefs devant Thèbes
«leur âme de fer brulant de vaillance respirait le combat en leurs regards de lions» - Eschyle, Les Sept contre Thèbes
Pierre noire et rehaut de craie blanche sur papier - 41,8 x 62 cm
Dessin préparatoire conservé au Cleveland Museum of Art.

Anne-Louis GIRODET DE ROUSSY-TRIOSON (1767-1824)
Esquisse du Serment des Sept Chefs devant Thèbes
Crayon sur papier
18,7 x 29 cm
Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Anne-Louis GIRODET DE ROUSSY-TRIOSON dit GIRODET-TRIOSON (1767-1824)
Etude pour le Serment des Sept Chefs devant Thèbes - Vers 1800
Huile sur toile - Dims. Sans cadre: H. 33,6 cm x L. 42,4 cm
Avec cadre : H. 44,5 cm x L. 53,7 cm
Bayonne, musée Bonnat-Helleu, musée des Beaux-Arts de Bayonne, inv. 1043

 
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