Lot 141
90 000 - 130 000 €
Résultat: 75 000 €

Exceptionnel et rarissime Kachina Hopi, U.S.A-pré…

Exceptionnel et rarissime Kachina Hopi, U.S.A-pré 1870 Arizona Kachina Salako, sculpture en bois de cotton wood, pigments, sinew Hauteur: 29 cm. Période de confection proposée circa 1870 Bibliographie: - Jon T Erickson, « Kachinas, an evolving hopi art form ? », planche page 33 - Colton, « Hopi kachina Dolls », page 47, figure 117 - Marie-Elisabeth Laniel Le François, « Kachina des Indiens Hopi » Pages 198, 199 Note: Le Kachina, du type flat(le corps est formé d'une planchette très légèrement convexe)fait partie des plus vieux modèles de Kachina connus au monde. Du fait de leurs âges, très peu de spécimens nous sont parvenus et sont connus en collection. Tous les modèles dit « flat » nous indiquent que les plus anciens et historiques Kachina résident dans ce modèle qui marque une ligne de « cassure » entre la tête et les épaules, le décors du masque étant le seul moyen de rattacher l'idole à une identification claire donnée par les traits faciaux. Le corps quant à lui reste très stylisé, peint en blanc, probablement autrefois à décors de lignes verticales rouges au nombre de trois. Les épaules sont peintes en ocre rouge et les mains sont simplement représentées peintes avec la paume ouverte laissant se détacher tous les doigts peints en noir. Le cou est orné d'un élément de collier peint en rouge et adoptant la forme géométrique d'un sablier. La séparation entre les épaules et la tête prend la forme d'une découpe du bois qui épouse le tracé d'un bec d'oiseau. Le masque est ici ravissant, « extraordinaire » si les mots peuvent manquer pour traduire l'émotion qui s'en dégage. Il nous reste néanmoins à traduire dans le texte pourquoi cette pièce reste unique et exceptionnelle. L'équilibre des formes est déjà parfait. Salako est couronné par une tabletta éblouissante pour notre modèle, laquelle irradie tout autour du masque comme les rayons radians des couronnes des Vierges en majesté. On notera particulièrement la gracilité des flèches de la tabletta qui sont des escaliers du ciel représentant les nuages. Chaque élément très finement découpé est assujetti à l'élément voisin par un fil de sinew qui transperce chaque pièce de bois et se trouve soigneusement bloqué par une petite cheville de bois dont la finesse propre la rend presque imperceptible à l'oeil nu. La conservation de ces ligatures est exceptionnellement parfaite, ce qui est un point absolument remarquable. De part et d'autre de cette tabletta, on distingue un ornement en forme de flèche presque plus sculpté qu'il n'est en fait découpé et dont la forme d'une stupéfiante habilité s'inscrit parfaitement dans les canons ornementaux hopis. La tabletta qui suscite l'admiration au regard de sa complexité, est peinte de blanc, de rouge et de jaune selon les motifs traditionnels de l'ethnie. avec une pose qui traduit l'indépendance artistique de son sculpteur et peintre. La coiffe peinte en noir, déborde légèrement sur le front; les yeux sont tracés en noir et forment de grands rectangles, respectivement de couleur jaune et bleue turquoise. Le masque peint en blanc est orné de lignes obliques rouges sur les joues tandis que le menton se pare des couleurs de l'arc en ciel disposées en éventail. Le cou de l'idole présente une cordelette ancienne de suspension en coton qui permettait d'accrocher cette figure sur les poutres du foyer. L'oeuvre restant depuis les temps les plus anciens propriété d'une grande famille de Santa Fé, Nouveau Mexique, U.S.A, n'était auparavant jamais passée dans le commerce. Le Kachina présente une usure naturelle des pigments, une très belle conservation des ligatures des éléments de la tabletta, aucune restauration n'est à signaler, ce qui le rend exceptionnel étant donné son âge qui peut s'envisager avant 1870, par la simple comparaison avec les Kachina de même type représentés dans le catalogue de Kachina Stevenson de 1879, date où était intervenue la collecte de ce type de Kachina sur les Mésas. Par ailleurs, les différentes marques d'une intense manipulation, les belles usures, le creusement des canaux du bois sur les surfaces montrant une intense dessiccation, et bien entendu la remarquable réalisation selon les canons et les techniques du peuple Hopi, sont autant d'éléments confirmant définitivement et irréfragablement notre analyse. On note une petite érosion du bois au niveau de la coiffure à droite, du fait de rongeurs. Exceptionnelle conservation vu l'ancienneté de ce chef d'oeuvre de l'art hopi. Ce Kachina est enfin de jugement d'expert un vrai travail d'horlogerie dans tout ce qui concerne son montage, et dans tous les cas, il demeure un travail de grand luxe si nous avions à rapporter cette pièce à nos considérations contemporaines. Concernant les danses, Salako, l'un des Kachina les plus impressionnants du panthéon Hopi, était représenté par un danseur qui disposait d'un costume entièrement réalisé en plumes d'aigles. Son apparition magique et proprement royale créait l'effervescence sur la plaza. Salako a été décrit par Fewkes en 1894, puis par Stephen en 1936. Lors de la cérémonie Salako, qui est très rarement organisée, prennent part un salako male et un salako femelle. La danse s'est produite à Shungopovi en 1936, en 1952, puis en 1957. Pièce en référence: Salako Mana( vers 1875), lot 75, vente Sotheby's Paris, 23 Juin 2006. Adjudication: 269 600 € frais compris
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