Exceptionnelle Idole Tiponi,. Pueblo, Sud-Ouest…

Lot 140
180 000 - 220 000 €
Résultat: 120 000 €

Exceptionnelle Idole Tiponi,. Pueblo, Sud-Ouest…

Exceptionnelle Idole Tiponi,. Pueblo, Sud-Ouest des Etats Unis d'Amérique. Bois de cottonwood à patine grise, trace de pigments. Circa XV-XVIéme siècle. Hauteur: 38 cm Test C 14 du CIRAM et dossier d'étude CIRAM complet à disposition. Bibliographie: - Watson Smith, Louie H Ewing, Steven A LeBlanc, « Kiva Mural Decorations at Awatovi and Kawaika-a: With a Survey of Other Wall... », page 200 - Eric Geneste, Eric Mickeler, « Kachina, Messagers des dieux hopis et zunis », pages 139 à 145. - Douglas R. Mitchell, Judy L. Brunson-Hadley, Dorothy Lippert, « Ancient Burial Practices in the American Southwest: Archaeology, Physical... », page 132. Court métrage; December 2014 « Tiponi » © BIAPAL Note: Cette sculpture se classe dans le groupe restreint des importantes idoles tiponi, symboles du clan et revêtues du titre de « Mère de tous les Kachina ». Ces idoles, confiées à la garde exclusive du prêtre étaient dissimulées à la vue du profane dans la pénombre des temples souterrains. La forme géométrique de cette exceptionnelle idole de temple Kiva qui la fait reposer sur un volume géométrique compact, lui confère une indiscutable présence et une forte stylisation propre aux chefs d'OEuvres les plus anciens et reconnus de l'Humanité. Masque ovale à menton en pointe, la gorge creusée en V, le buste légèrement bombé avec de légères sorties latérales hautes au niveau des épaules lui donnant une silhouette vaguement en T. La cage thoracique montre une petite cavité retenant autrefois, le plus probablement du monde, l'âme de l'idole sous la forme d'une petite pierre, selon un propos analogue à celui des idoles aztèques. Le buste reposant sur un volume compacte faisant corps avec l'oeuvre et lui donnant une incontestable puissance dans l'espace. Parce que sculptée volontairement sans bras, on pensera à la rapprocher immédiatement des colosses Moai de l'Ile de Pâques. Son visage oblong tout empreint de mystère, ne laisse deviner ni yeux, ni bouche et encore moins d'oreilles sculptées. Cette absence de regard renforce le mystère d'une idole qui acquiert ainsi une présence énigmatique. La réelle tension intérieure de l'oeuvre qui se suffit à elle-même, écartant toute représentation superflue des bras, est encore renforcée par l'illustration de la cage thoracique qui lui accorde la vitalité certaine des êtres qui vivent, respirent et... mangent, rappelant par la même que notre dieu est vivant et qu'un officiant venait dans la kiva lui présenter de la farine de Maïs. Les formes rondes de cette oeuvre participent enfin largement au registre géométrique des plus grands chefs d'oeuvre de l'Humanité. Ce Chef d'oeuvre d'art pueblos, contemporain de la chute de Tenochtitlan-Mexico, montre une très belle patine de surface avec des traces de pigments sur le torse et se présente enfin en parfait état de conservation en dépit de près de cinq siècles d'âge. Test C 14 du CIRAM Un ensemble de tests scientifiques a été conduit par le laboratoire CIRAM sur ce chef d'oeuvre pueblo. Le CIRAM est un laboratoire indépendant ayant produit ses analyse à diverses institutions et présentant comme référence le Musée du Louvre, Le Musée du Petit Palais - Paris, le Musée Auguste Rodin - Paris, le Musée Arthur Rimbaud - Charleville Mézières, le Musée des Beaux-Arts - Carcassonne, le Musée des Beaux-arts - Dijon, le Musée des Beaux-arts - Libourne, en collaboration avec l'Ambassade des Etats Unis à Paris, le Musée de Beaux-Arts - Pau, le Musée Champollion- Figeac, le Musée de l'Histoire Maritime - Nouméa - Nouvelle Calédonie, le Musée Historique de la ville de Strasbourg, le Musée Georges Labit - Toulouse, le Musée lorrain - Nancy, le Musée Toulouse Lautrec - Albi, la Fondation Giacometti - Paris... Ces tests nous permettent d'affirmer les faits suivants et de confirmer l'authenticité de cette idole Tiponi, Kachina historique: - Le prélèvement du bois constitutif de la sculpture date des XVème, XVIème ou début XVIIème siècles(âge brut: 360 ± 20 ans BP, soit [1456 - 1524 AD] à 51,7 % et [1558 - 1632 AD] à 43,5%). - L'examen en scanner n'a révélé aucune anomalie particulière. L'objet a vraisemblablement été fabriqué d'une seule pièce. Le matériau constitutif apparaît homogène et nous n'avons identifié aucun élément métallique, ni d'inclusion d'autre type dans la base par exemple. - Les dépôts superficiels correspondent à des restes de décors colorés. Nous avons caractérisé des stratigraphies typiques d'une polychromie: couche de préparation blanche riches en quartz, couche picturale bleu vert composée d'azurite(carbonate de cuivre)et d'un phosphate et chlorure de cuivre. Il pourrait s'agir de sampléite(NaCaCu5(PO4)4Cl 5(H2O))ou de la dégradation de l'azurite en milieu aride. - Nous avons également mis en évidence des dépôts silicatés de type argile, localement associés à des oxydes de fer. Aucun élément résultant d'un traitement de surface moderne n'a été détecté. - L'observation de la surface du bois a révélé la pénétration partielle de phases minérales silicatées dans les fibres superficielles du bois. Leur comblement résulte vraisemblablement de processus naturels et de longue durée. Dossier illustré disponible auprès de la maison de vente sur demande.Concordances stylistiques de ce chef d'oeuvre d'art premier avec les chefs d'oeuvres de l'art moderne Par M. Fabrice Autané, historien d'art. Un parallèle peut être fait avec la statuaire monumentale des Moai, figures sans bras de l'Ile de Pâques. Certains de ces colosses sont posés sur des bases, ce qui leur donne une plus grande assise et gravité dans l'espace. Notre statuette monoxyle est tout autant composée d'un buste, sans bras, reposant sur un « socle » qui participe lui-même de l'oeuvre et souligne ainsi sa solennité. Une autre comparaison peut être établie avec la figure Nukuoro provenant des îles Carolines, au Nord de la Papouasie Nouvelle Guinée et conservée au Rautenstrauch- Joest Muséum de Cologne. Cette dernière présente en effet elle aussi un buste puissant et disproportionné du reste de la sculpture, le visage oblong se terminant en pointe, tous ces ressorts stylistiques se retrouvant dans l'oeuvre tiponi. Parmi les sculpteurs les plus talentueux de son temps et des plus mal connus, figure Henri Gaudier-Brzeska, mort dans les tranchés à l'age de 24 ans en 1915. En 1911, il s'installe à Londres où il visite les collections d'art primitif au British Museum et au Victoria and Albert museum. Ayant été influencé par l'anglais Jacob Epstein qu'il rencontre en 1912, il développa une technique de taille directe et primitive. Ainsi le dessin au crayon intitulé Caritas et conservé à la Kettle's Yard de l'Université de Cambridge, exprime cette force plantée dans l'espace que présente notre statuette Tiponi. L'ovale du visage vide de nez et de regard se terminant en légère pointe, sont dans les deux cas totalement similaires. Cette expression du visage, ou plutôt ce manque d'expression, donne toute une tension de mystère et une présence énigmatique à la figure humaine. Restons encore en Angleterre où le sculpteur Jacob Epstein a exercé ses talents. Il est très influencé par les arts premiers qu'il admire au British Museum, qu'il collectionne d'ailleurs et qu'il considère comme étant pourvus d'une grande créativité et d'une grande liberté sexuelle. Il est membre du mouvement éphémère le Vorticisme qui durera de 1913 à 1915, mouvement influencé entre autre par le cubisme et les arts primitifs. En 1913, 1914, il crée l'oeuvre scandaleuse intitulée Rock Drill, au torse puissant, inquiétant, plus animal mécanique que figure anthropomorphe. Dans cette oeuvre, la cage thoracique est fortement marquée, exprimant la respiration et donc la force vitale dans toute sa brutalité. Notre sculpture Tiponi présente également cette particularité plastique lui donnant de fait une force vitale très marquée. Henri Moore arrive à Londres en 1921, il est fortement impressionné par les départements de sculptures du British Museum qu'il visite fréquemment, dont ceux des oeuvres égyptiennes, assyriennes, africaines mais aussi des oeuvres des Amériques. L'art précolombien prit une part importante dans l'influence de son travail, surtout pendant les années 20. Dans sa sculpture en bois intitulée Girl de1932(collection privée)Henry Moore utilise ces formes rondes et pleines que l'on peut retrouver là encore dans notre sculpture Tiponi. Fernand Léger, compagnon de route de Picasso et de Braque avait pris très tôt connaissance des arts premiers en leur contact et en lisant Negerplastik(1915)de Carl Einstein et African Negro Art: its influence on Modern Art(1916)de Marius de Zayas. Rolf de Maré, collectionneur, mécène, fondateur en 1920 de la compagnie des Ballets Suédois au Théâtre des Champs Elysées, commande en 1923 la « Création du Monde » qui sera son ballet le plus abouti et dont les décors seront commandés à Fernand Léger.La conception plastique des décors de « La Création du Monde » de F. Léger sera très influencée par l'art primitif surtout africain. Rolf de Maré disposant également d'une très belle collection de poupées Kachinas et d'oeuvres Hopi et Zuni, il est très fortement probable qu'il ait présenté cette collection à Fernand Léger. Dans l'oeuvre datant de 1927 intitulée « Composition aux trois femmes », Léger représente trois figures humaines robustes, aux volumes simplifiés, tout en rondeur. Ces caractères se retrouvant eux aussi dans le style de notre Tiponi. Willi Baumeister, peintre allemand, lui-même influencé par Fernand Léger fit son premier voyage à Paris en 1911 et entra en contact avec les arts primitifs en visitant le Musée du Trocadéro. A partir des années 20, W. Baumeister collectionne les Arts Premiers et les arts préhistoriques, retrouvant dans ces oeuvres les thèmes du mythe, du sacré et des formes qui se révèlent intemporelles. Dans la composition de l'huile sur toile intitulée « Trois Monteurs » datant de 1929, anciennement conservée au Musée des Beaux-Arts de Berlin et malheureusement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, la figure centrale est composée comme notre statuette Tiponi: figure robuste, toute en courbes et rondeurs, le visage arrondi légèrement oblong, avec un buste sans bras. Max Ernst qui vit par intermittence de 1946 à 1957, avec sa nouvelle épouse Dorothea Tanning à Sédona, en Arizona, établit des contacts avec les indiens hopis de la région. Fasciné par la mythologie Hopi et Zuni, il collectionnait déjà auparavant des poupées Kachinas; il a pu voir ainsi des sculptures similaires à la nôtre dans la région et par conséquent a pu s'en inspirer. Dans la sculpture en bronze titrée « Figure » et datée Sedona 1948. Max Ernst reprendra ce vocabulaire stylistique de notre tiponi qui consiste à créer une gorge entre la tête et le buste pour signifier le menton et le cou de la statue. Fabrice Autané
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