Claude MONET (1840-1926)

Lot 47
800 000 - 1 200 000 €
Résultat: 2 788 200 €

Claude MONET (1840-1926)

La Promenade d'Argenteuil, un soir d'hiver, 1875. Huile sur toile, signée en bas à droite. 60 x 80 cm Prove nance : Acheté à Monet par Georges Charpentier en mai 1876. Vente G. Charpentier, Paris, 11 avril 1907, N°19 (Bernheim-Jeune) Collection H. Racine, 1912. Collection particulière, France, c.1969. Collection Jules Haegel, France. Collection Monsieur et Madame Jean Haegel par descendance. Bibliographie : M. Rostand, Quelques Amateurs de l'Époque Impressionniste (thèse inédite de l'École du Louvre) 1955, p.241, 245 Daniel Wildenstein, 1974, Tome I, reproduit sous le numéro 354 p.264, Daniel Wildenstein, 1991, Tome V, cité page 29. D. Wildenstein, Monet, Catalogue Raisonné, Vol II, Taschen- Wildenstein Institute, reproduit sous le numéro 354 p. 146 en noir et blanc. Une notification du Wildenstein Institute sera remise à l'acquéreur. Enregistrement obligatoire pour enchérir Bidder registration requested Provenant de la succession de Monsieur et Madame Jean Haegel. Vendu au profit de l'Institut Pasteur, Paris. Argenteuil est l'un des lieux d'élection de l'impressionnisme, à un moment clef de l'évolution du mouvement tout juste naissant. Claude Monet, incontestable chef de file de cette nouvelle sensibilité picturale, s'installe dans ce chef-lieu de canton situé à onze kilomètres de Paris à la fin de l'année 1871, soit trois ans avant la première exposition impressionniste. Il quitte le village en 1878 par nécessité pour gagner Vétheuil, où la vie est moins chère. Cette décision résulte principalement du brusque arrêt des achats de ses oeuvres par Paul Durand-Ruel, l'homme d'affaires Ernest Hoschedé, son nouveau mécène, n'arrivant pas à suppléer au tarissement de la manne générée par le célèbre galeriste. Avant cela, Monet et sa famille jouissaient d'une situation relativement confortable, permettant même à l'artiste de faire l'acquisition en 1873 d'un bateau-atelier, notamment immortalisé en 1874 par Édouard Manet dans une toile conservée à la Pinacothèque de Munich. Cette embarcation, sur le modèle de celle de Charles Daubigny, lui permet de vivre pleinement la peinture en plein air. Monet ne vient cependant pas chercher à Argenteuil les simples plaisirs bucoliques de la campagne aux portes de la grande ville. Dans le catalogue de l'exposition événement du Grand Palais qui a fermé ses portes en janvier, Richard Thomson, auteur du chapitre sur les environs de Paris, relève que «tout se passe comme si l'artiste avait senti le caractère fondamentalement transformable et malléable de la banlieue», concluant que «la dimension moderne et sociale de ses vues d'Argenteuil procède de son instinct de l'inéluctable diversité». C'est donc bien le monde moderne que vient chercher Monet à Argenteuil, la banlieue étant en pleine évolution - si ce n'est révolution -, conséquence des transformations radicales qui affectent la capitale au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Thomson souligne, concernant La Grenouillère, que «Monet se sert des motifs offerts par la banlieue pour allier les thèmes modernes à des effets atmosphériques naturels», et d'ajouter «ces derniers finiront par prédominer à un moment». Notre toile décrit les berges de la Seine durant l'hiver 1875. L'exercice pictural semble prévaloir ici sur le sujet. Si le peintre évoque en effet, avec une palette raffinée et nuancée, les splendeurs du climat hivernal, la rive nue traversée par une sente au tracé incertain et plus encore la haute cheminée, qui s'érige dans le lointain, inscrivent l'oeuvre dans une temporalité résolument moderne. Les tableaux peints à Argenteuil ne sont pas unitaires, présentant des degrés d'achèvement variables et des factures différentes. Les toiles vivement brossées étaient d'ailleurs appelées «peintures de peintre», une expression qui dénote leur caractère d'esquisse. Gustave Caillebotte en acquiert une en 1876, Régates à Argenteuil, réalisée d'un pinceau leste en 1872. Monet n'est pas le seul à profiter de l'endroit, rendez-vous favori des canotiers, Sisley ayant déjà en 1870 planté là son chevalet. En 1872, le peintre britannique accompagne son ami et immortalise entre autres la passerelle d'Argenteuil ou la rue de la Chaussée, deux tableaux conservés au musée d'Orsay. Renoir va à plusieurs reprises loger chez Monet, peignant son confrère au travail ou dans son jardin. Sa Seine à Argenteuil exécutée vers 1873 (musée d'Orsay) témoigne aussi de son goût pour les paysages aquatiques. Déjà cité, Manet, précurseur des impressionnistes, brosse à Argenteuil ce que certains considèrent comme ses plus éclatants effets de plein air, technique à laquelle il se consacre en 1874 avec Monet et Renoir. En témoignent le couple du célèbre Argenteuil du musée de Tournai, célébré par Philippe de Burty et Camille Pelletan l'année suivante, ou encore En bateau (Metropolitan Museum of Art, New York), des collections Havemeyer. Plus tard, vers 1888, un yachtman chevronné immortalise des Voiliers à Argenteuil (musée d'Orsay). Il s'agit de Caillebotte, installé dès 1881 sur l'autre rive de la Seine, au Petit-Gennevilliers, après avoir goûté aux plaisirs argenteuillais avec son ami Monet.
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